6.2.1 Préparation de l’échantillon
Les plugs provenant des carottes ont été sciés en deux. Une moitié a été conservée comme archive, l’autre à servi à la confection de lames minces.
6.2.2 Acquisition des images
Les 119 lames minces ont été numérisées avec un scanner à diapositive « Dimage Scan Multi ». La résolution utilisée est de 2820 dpi. L’acquisition est effectuée en couleurs 24 bits (3x8 bits, RGB) avec interposition d’un filtre rouge qui met en évidence la porosité. Aucun grossissement n’est effectué.
L’utilisation d’un scanner pour l’acquisition comporte plusieurs avantages par rapport à un microscope équipé d’une caméra. Une seule image en sortie peut représenter la surface totale d’une lame mince, avec un bon niveau de détail (haute résolution). Un autre avantage est que la luminosité reste constante du centre à la périphérie de l’image.
6.2.3 Traitement des images
A partir des images scannées avec le filtre rouge, une correction des niveaux automatiques est effectuée avec le programme « Photoshop 6.0 ». Afin d’accentuer les différences entre la porosité et le matériel rocheux, un traitement des contrastes ainsi que des histogrammes des canaux RGB (red, green, blue) est nécessaire suivant la composition de la lame mince.
Le premier objectif est de dissocier les pores et le matériel solide de la roche, en identifiant les pores et en définissant leurs limites à l’aide du logiciel d’analyse d’images « Visilog 5.4». Ce processus est appelé segmentation, seuillage ou encore binarisation de l’image. Il mène à ce que tous les pores aient la même couleur (blanche) et que le matériel rocheux en possède une différente (noire). Ce processus transforme une image 24 bits en une image binaire. Le choix du seuil est laissé libre à l’utilisateur. Une comparaison minutieuse à été effectuée afin d’éliminer les quelques différences restantes entre ce qui paraissait être de la porosité sous lame mince et ce qui est classé comme porosité sur l’image binaire.
Le rapport entre les pixels blancs de l’image (les pores) et le nombre total de pixel dans l’image correspond à la porosité. Cette porosité est exprimée en pourcentage.
Afin d’automatiser les résultats sur les 119 échantillons, un script Visilog a été utilisé (Annexes : Planche 2 : Explication et diagramme des étapes du script Visilog).
Le second objectif est de caractériser la géométrie des pores en mesurant les paramètres suivants :
- l’aire : somme des pixels d’un pore
- le périmètre de Crofton : mesure d’un périmètre selon 8 diamètres
- le diamètre du cercle d’aire équivalente : 
- l’orientation : en degré -90 à +90
- l’excentricité : excentricité du pore
- le facteur de forme :
Le résultat fourni étant en pixel, un calibrage a été nécessaire pour avoir des mesures en μm.
Ces différents paramètres permettent de mieux comprendre et décrire le comportement pétrophysique des roches et de préciser lequel d’entre eux a le plus d’influence sur celui-ci. En effet, si la porosité affecte les propriétés physiques des roches, la géométrie des pores joue également un rôle déterminant (Ehrlich et al., 1991 ; Eberli, 1993 ; Lucia, 1995 ; Melim et al., 1998). Les pores allongés comme les fissures ont des effets différents sur les propriétés physiques que des pores plus arrondis comme ceux provenant de la dissolution moldique (Brie et al., 1985 ; Wilkens et al., 1991). Le facteur de forme et la taille (aire) des pores décrivent la géométrie du réseau poreux.