Conclusion

 

 

 

Conclusions générales

L’étude pétrographique et pétrophysique du complexe récifal de Prapont montre que la porosité résiduelle qui peut dépasser 25 % est essentiellement d’origine diagénétique.
Les mesures de porosité effectuées sur lames minces à l’aide de l’analyse d’image sont cohérentes avec les mesures obtenues sur plugs en laboratoire, mais sont sensiblement inférieures. Cette sous-évaluation s’observe particulièrement pour les faciès à matrice micritique qui comportent une microporosité importante, non perceptible en microscopie optique.
L’application d’une concentration basée sur la proportion de micrite et sa microporosité moyenne estimée au MEB (électrons rétrodiffusés) améliore significativement la corrélation entre porosité mesurée sur plugs et porosité mesurée sur lames minces.
La porosité est donc bimodale et comporte, d’une part des macropores causés majoritairement par de la dissolution et d’autre part des micropores au sein de la micrite.

L’examen systématique de relations entre les paramètres pétrophysiques et les paramètres morphologiques décrivant le réseau poreux montre :

- une bonne corrélation entre la porosité et la perméabilité,
- une bonne corrélation entre l’aire, le périmètre ainsi que le diamètre équivalent moyen des pores,
- une bonne corrélation entre le facteur de forme et l’excentricité des pores, seule l’orientation des pores n’a pas révélé de relation avec les autres paramètres mesurés.

La répartition des pétrotextures (sensu Dunham , 1962) et des différents faciès sur les diagrammes Φ - K révèlent que le faciès originel n’est pas déterminants pour le comportement pétrophysique des échantillons étudiés. La pétrotexture en revanche, semble jouer un rôle plus important dans l’évolution des caractères pétrophysiques. Paradoxalement les pétrotextures de types wackestone et packstones présentent les meilleures propriétés réservoirs (en raison de leur microporsité) tandis que les grainstones et boundstones sont intensément cimentés et montrent des porosités et perméabilités faibles. Cette constatation a récemment été signalée par Lambert (2004) dans les réservoirs cénomaniens d’Irak (Frut Mishrif).

L’analyse d’images a montré qu’une dépendance existait entre la perméabilité et la distance qui sépare les pores sur une lame mince. Cette observation pourrait être exploitée pour développer une procédure permettant d’estimer la perméabilité à partir de l’analyse d’image.

Enfin les mesures pétrophysiques et les caractères morphologiques du réseau poreux ont été reportés cartographiquement sur l’affleurement. Aucune tendance claire n’a pu être mise en évidence. Les faciès récifaux et périrécifaux des couches de Prapont se caractérisent par une grande variabilité latérale et stratigraphique des propriétés réservoirs.

La deuxième partie de cette étude portait sur l’étude du gamma ray au sein du complexe récifal de Prapont. L’intérêt de l’utilisation du gamma ray spectral en séries carbonatées réside dans le fait que certaines variations de radioactivité peuvent être reconnues comme des signatures spécifiques de certains faciès (Jorry, 1999). Les mesures effectuées à l’aide d’un compteur portatif n’ayant donné aucun résultat significatif en raison des faibles activités rencontrées. L’étude en laboratoire de 5 échantillons provenant de faciès différents à l’aide d’un spectromètre gamma pour des mesures de faible radioactivité ont permis de mettre en évidence la présence d’Uranium sur l’ensemble de l’affleurement.

Malheureusement les temps d’acquisition sont trop longs (3 jours), pour qu’un nombre important d’échantillons aient pu être analysés, dans le cadre de ce travail.
L’étude du γ-ray méritait cependant d’être poursuivie, car ce paramètre diagraphique joue un rôle déterminant dans les recherches en subsurface.